03/03/2026
Quels sont les risques réels quand on achète à deux sans mariage ?
En concubinage, que se passe-t-il si l’un décède ?
Deux réalités à retenir :- Sur la succession, le concubin survivant n’a aucun droit automatique : sans testament, il n’hérite pas.
- Si vous étiez copropriétaires, vous pouvez vous retrouver en indivision avec les héritiers du défunt, et Service-public.fr précise que vous n’avez pas de droit à rester dans le logement (les héritiers peuvent décider de vendre au partage).
Le PACS protège-t-il automatiquement le survivant ?
Le PACS facilite la vie à deux (fiscalité, organisation), mais il ne fait pas de vous des héritiers l’un de l’autre. Il faut un testament si vous voulez transmettre. En revanche, si un testament existe, le partenaire pacsé est exonéré de droits de succession sur ce qui lui est légué. Côté logement, Service-public.fr indique aussi un point très concret : le partenaire pacsé peut rester gratuitement 1 an dans la résidence principale après le décès, sauf si le défunt l’a exclu par testament.En famille recomposée, pourquoi le sujet devient plus sensible ?
Parce qu’un testament ne permet pas de “tout donner” librement si le défunt a des enfants : ils ont une part réservée (réserve héréditaire), et le partenaire ne peut recevoir que la quotité disponible. Service-public.fr donne les proportions : 1 enfant = 1/2 réservé ; 2 enfants = 2/3 ; 3 enfants et + = 3/4.Quelle structure choisir : indivision, PACS, SCI ou tontine ?
Comment fonctionne l’achat en indivision ?
Vous achetez ensemble, chacun avec une quote-part (50/50, 60/40, etc.). Notaires de France rappelle que chaque acquéreur est propriétaire à hauteur de sa contribution financière (à formaliser).Pourquoi l’indivision peut bloquer en cas de séparation ?
Parce qu’en droit, “nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision” : un des deux peut demander le partage (vente, rachat, etc.). Sans règles écrites, le conflit arrive vite : qui paie le crédit pendant la vente ? qui décide des travaux ? quel prix de rachat ?Comment sécuriser l’indivision (la vraie bonne pratique) ?
Avec une convention d’indivision, qui peut être conclue jusqu’à 5 ans, renouvelable, et qui organise la gestion. Et surtout : Service-public.fr cite explicitement la clause de rachat prioritaire (le survivant peut racheter en priorité la part du défunt).Le PACS change-t-il l’équation ou faut-il “plus” ?
Le PACS suffit-il pour être protégé en cas de décès ?
Non, pas sans testament. La protection “automatique” en succession n’existe pas entre partenaires pacsés. En revanche, le PACS devient intéressant si vous combinez :- des quotes-parts claires dans l’acte,
- un testament (et éventuellement un legs adapté : usufruit / pleine propriété selon contexte),
- une assurance emprunteur bien répartie (quotité 50/50, 100/100…) pour éviter qu’un décès mette l’autre en difficulté de remboursement.
La SCI est-elle utile pour éviter l’indivision avec les héritiers ?
Pourquoi la SCI est souvent choisie par les couples non mariés ?
Parce qu’elle remplace la copropriété directe par des parts sociales, avec des statuts qui organisent la gestion (gérant, votes, règles de décision) et peuvent encadrer l’entrée des héritiers. Service-public.fr précise d’ailleurs que, via une SCI, les statuts peuvent prévoir le maintien dans le logement. Des notaires rappellent aussi que, pour un couple non marié, indivision et SCI sont les deux grandes voies, avec des choix à faire selon projet (durée, transmission, gestion).Quels réglages de statuts évitent les “angles morts” ?
Dans la pratique, ce qui protège vraiment :- clause d’agrément (contrôle de l’entrée d’un héritier/tiers),
- clause de rachat des parts (priorité au partenaire survivant),
- règles de valorisation des parts (pour éviter les disputes sur le prix),
- répartition des pouvoirs (gérant, majorité simple/qualifiée).
La tontine protège-t-elle mieux… ou crée-t-elle un piège ?
Qu’est-ce qu’une clause de tontine (clause d’accroissement) ?
C’est une clause insérée dans l’acte : le survivant est réputé avoir été propriétaire de tout le bien depuis l’origine. Les héritiers ne peuvent pas revendiquer le bien.Pourquoi elle peut être dangereuse en cas de séparation ?
Parce qu’elle est très rigide : si vous vous séparez et que personne ne veut céder, le bien peut devenir “inpartageable” sans accord. Et fiscalement, pour les concubins, l’opération peut être taxée jusqu’à 60 % (avec une exception très limitée selon la valeur et la résidence principale).Comment se protéger concrètement sans changer toute la structure ?
1) Les quotes-parts dans l’acte : que faut-il écrire ?
Votre acte doit refléter la réalité : apport, remboursement, répartition de propriété. Sans ça, vous vous exposez à des contestations au moment de la séparation (et des calculs “au forceps”).2) La convention d’indivision : que doit-elle contenir ?
- règles de décision (travaux, vente),
- répartition des charges (crédit, taxe foncière, assurance),
- méthode de valorisation en cas de rachat,
- clause de rachat prioritaire en cas de décès (si c’est votre objectif).
3) Le testament : dans quels cas il devient non négociable ?
- si vous êtes en concubinage (sinon, zéro droit successoral)
- si vous êtes pacsés et voulez transmettre (le PACS n’hérite pas “tout seul”)
- si vous avez des enfants (le testament doit respecter la réserve).
Comment anticiper la séparation pour éviter le blocage ?
Qui peut forcer la sortie de l’indivision ?
En indivision, un indivisaire peut provoquer le partage à tout moment, sauf si un jugement ou une convention prévoit un sursis.Quelles règles poser avant d’acheter (même si tout va bien) ?
- scénario “rachat” : délai, financement, estimation (expert, agence, notaire),
- scénario “vente” : prix plancher, calendrier, qui occupe le bien,
- scénario “crédit” : si l’un garde le bien, la banque doit accepter la désolidarisation ; sinon, vous restez tous deux engagés.