Location courte durée toute l’année : plafonds, obligations et fiscalité en 2026
08/09/2026
Depuis le 20 mai 2026, tout logement proposé en meublé de tourisme doit disposer d'un numéro d'enregistrement, quelle que soit la commune. Le décret n° 2026-196 du 19 mars 2026 a mis en place le téléservice national qui centralise ces déclarations, jusque-là éclatées entre des procédures municipales disparates. La règle ne vise plus les seules grandes villes.Cette généralisation prolonge la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024,dite loi Le Meur, entrée en vigueur le 21 novembre 2024. Le texte a durci tout le cadre : plafond de nuitées abaissable par les communes, sanctions relevées, obligation de performance énergétique, pouvoir donné aux copropriétés d'interdire l'activité. Un propriétaire qui loue quinze semaines sans démarche s'expose à des amendes supérieures à ses recettes.Louer toute l'année en courte durée reste possible, mais suppose de sortir du régime de la résidence principale et d'entrer dans celui du changement d'usage. Les obligations qui suivent conditionnent la légalité de l'activité, indépendamment du régime fiscal, traité dans un article distinct de ce blog.
Un numéro d'enregistrement exigé dans toutes les communes
La déclaration s'effectue sur le téléservice national créé par les décrets du 19 mars 2026. Elle porte sur l'adresse du logement, son statut de résidence principale ou secondaire, le nombre de pièces et de lits, et votre numéro fiscal. La commune délivre en retour un numéro d'enregistrement qui doit figurer sur chaque annonce, sur toutes les plateformes.Une annonce publiée sans ce numéro peut être retirée par la plateforme, qui a l'obligation de le vérifier. Le défaut d'enregistrement expose à une amende administrative pouvant atteindre 10 000 € prononcée par la commune, contre 5 000 € avant la loi Le Meur. La fausse déclaration ou l'usage d'un faux numéro portent la sanction à 20 000 €.Le propriétaire doit aussi transmettre à la mairie, sur demande, le décompte des nuitées louées dans l'année. Les plateformes communiquent de leur côté ces données aux communes qui les réclament. Lille a constitué une brigade municipale chargée de croiser ces informations avec le fichier des déclarations.
120 jours par an, ou 90 si la commune l'a décidé
Une résidence principale se loue au maximum 120 jours par an en meublé de tourisme, tous canaux de commercialisation confondus, le compteur démarrant au 1er janvier. Au-delà, le logement n'est plus considéré comme votre résidence principale au sens de la réglementation. L'opération bascule alors vers le changement d'usage.La loi du 19 novembre 2024 autorise les communes à abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours par an, par délibération motivée du conseil municipal. Cette faculté vise en priorité les zones tendues et les communes littorales soumises à une forte pression touristique. Vérifiez la délibération applicable auprès de votre mairie avant la saison, car le plafond n'est plus uniforme.Le dépassement du nombre de jours autorisés est puni d'une amende civile portée à 15 000 € par la loi Le Meur, contre 10 000 € auparavant, prononcée par le tribunal judiciaire à la demande de la commune. Elle se cumule avec les sanctions liées au défaut d'enregistrement. Un même dossier peut donc réunir plusieurs fondements de condamnation.
Changement d'usage et compensation : le vrai verrou
Louer un logement en courte durée toute l'année, ou louer une résidence secondaire à des touristes, constitue un changement d'usage au sens du code de la construction et de l'habitation. Une autorisation préalable du maire est alors nécessaire, distincte de l'enregistrement. Elle s'impose dans les communes de plus de 200 000 habitants, en petite couronne parisienne, et partout où le conseil municipal a délibéré en ce sens.Certaines collectivités ajoutent une exigence de compensation : pour transformer un logement en meublé de tourisme, vous devez créer une surface d'habitation équivalente, généralement en reconvertissant un local commercial ou de bureaux. La Métropole européenne de Lille a adopté ce principe le 9 février 2024, sans dérogation, pour les demandes déposées à compter du 1er avril 2024. Le coût d'une compensation dépasse souvent le gain espéré sur quelques saisons.L'infraction aux règles de changement d'usage expose à une amende civile portée à 100 000 €, contre 50 000 € auparavant, assortie d'une remise en état d'habitation. Interrogez le service urbanisme de la commune, puis faites estimer la valeur du bien dans les deux hypothèses, location nue et location touristique autorisée.
La copropriété peut interdire à la majorité des deux tiers
Le règlement de copropriété prime sur toute autorisation administrative. Une clause d'habitation bourgeoise exclusive, qui réserve l'immeuble au seul logement, écarte la location meublée touristique. Une clause d'habitation bourgeoise simple tolère en revanche les activités libérales, et la question se règle alors au cas par cas devant le juge.Depuis le 21 novembre 2024, tout règlement de copropriété nouvellement établi doit se prononcer expressément sur la possibilité de louer en meublé de tourisme. Dans les immeubles dont le règlement ne dit rien, l'assemblée générale peut voter cette interdiction à la majorité des deux tiers des voix, alors que l'unanimité était jusque-là nécessaire. Consultez le règlement et les procès-verbaux des trois dernières assemblées avant d'acheter, notamment sur le littoral, où nos conseillers de l'agence de Boulogne-sur-Mer vérifient systématiquement ce point.
Un DPE exigé, les logements classés G déjà écartés
La loi Le Meur soumet les meublés de tourisme au diagnostic de performance énergétique. Les logements qui entrent sur le marché en zone tendue et qui sont soumis à autorisation de changement d'usage doivent présenter un DPE conforme dès leur première mise en location touristique. Les biens classés G sont écartés depuis le 1er janvier 2025.Le calendrier se durcit ensuite : les classes F et G seront exclues à compter du 1er janvier 2028, et l'ensemble des meublés de tourisme devra présenter une étiquette comprise entre A et D à partir de 2034. Le diagnostic coûte de 100 à 250 € selon la surface et reste valable dix ans. Faites-le réaliser avant l'achat, car une étiquette F transforme un projet saisonnier en chantier d'isolation, et les biens de nos annonces de vente affichent tous leur classe énergétique.
Taxe de séjour, assurance et CFE : le coût réel de la gestion
La taxe de séjour se collecte auprès du voyageur et se reverse à la commune, le plus souvent via la plateforme qui la prélève automatiquement. Pour un meublé non classé, elle représente entre 1 % et 5 % du prix de la nuit par personne, taux fixé par la collectivité, et reste plafonnée : Paris applique depuis le 1er janvier 2026 un plafond de 15,93 € par nuit et par personne. Le classement en étoiles fait basculer vers un tarif forfaitaire, souvent plus favorable.L'assurance habitation classique ne couvre pas l'accueil de voyageurs payants. Signalez l'activité à votre assureur et souscrivez une extension pour la location saisonnière, faute de quoi un sinistre causé par un occupant peut vous laisser sans indemnisation. La responsabilité civile professionnelle devient utile dès que vous exploitez plusieurs logements.La cotisation foncière des entreprises s'applique en principe à toute location meublée de tourisme, avec une exonération pour la location d'une partie de votre habitation personnelle classée, sauf délibération contraire de la commune, en application de l'article 1459 du code général des impôts. Une conciergerie prélève de son côté entre 15 % et 30 % des loyers, avec des frais de ménage et de linge qui creusent souvent l'écart de 8 à 12 points par rapport à la commission annoncée. Nos agences des Hauts-de-France comparent ce coût avec un rendement en location classique, avant qu'un plafond de 90 jours ne soit voté dans votre commune.