Studio ou T2 : quel investissement locatif est vraiment rentable en 2026 ?
31/08/2026
À Arras, un studio se vend en moyenne 48 300 € et un deux-pièces environ 107 000 €, d'après les observatoires de prix consultés en août 2026. Le mètre carré d'appartement y ressort à 2 705 €, avec une amplitude de 1 874 € à 4 223 € selon les rues. Avec 120 000 € en poche, vous achetez donc deux studios ou un seul T2.Le loyer ne suit pas la même pente que le prix. Le loyer moyen d'un appartement arrageois s'établit à 13,4 €/m²par mois, et le studio se loue toujours plus cher au mètre carré que les typologies supérieures : à Lille, l'écart mesuré approche 15 %. Le petit format remporte donc le premier calcul, celui du rendement brut.Le second calcul se joue au départ du locataire. Un studio se reloue deux fois plus souvent qu'un T2, et chaque relocation coûte une remise en état, des semaines de vacance et parfois des honoraires. Le cas arrageois chiffré ci-dessous se prolonge ensuite à Lille et au bassin minier.
Un studio à 6,6 % brut, un T2 à 5,7 % : l'écart de départ
Prenez un studio de 22 m² acheté 60 000 € dans le centre d'Arras et loué 330 € hors charges. Le rendement brut ressort à 6,6 %. Le même raisonnement appliqué à un T2 de 45 m² acheté 110 000 € et loué 520 € donne 5,7 %.Cet écart d'un point se rétracte dès le passage au net. Les frais d'acquisition pèsent 7 à 8 % du prix dans l'ancien, la taxe foncière tombe chaque automne et les charges de copropriété non récupérables restent à votre charge. Plusieurs postes ne diminuent pas avec la surface : un diagnostic coûte le même prix pour 22 m² que pour 45 m².Le studio conserve un avantage sur le net courant, de l'ordre d'un demi-point dans ce cas arrageois. La vraie question porte donc sur dix ans, pas sur une année. Faites estimer précisément le bien visé avant de figer votre hypothèse de loyer : 30 € de moins par mois retirent 0,6 point de rendement sur un studio à 60 000 €.
Trois locataires en cinq ans, et la facture qui va avec
La durée moyenne d'occupation d'un studio dépasse rarement douze mois, contre 18 à 24 mois pour un deux-pièces selon les gestionnaires locatifs. Sur dix ans de détention, cela représente environ huit locataires successifs dans un studio, contre cinq ou six dans un T2. Chaque départ rouvre la même séquence.Comptez un mois de loyer perdu par relocation en ville moyenne, plus 300 à 600 € de rafraîchissement quand un étudiant a occupé le logement un an. Deux ou trois relocations supplémentaires suffisent à effacer le point de rendement brut gagné à l'achat. Le calcul se retourne dès que la vacance dépasse six semaines entre deux baux, ce qui arrive en juillet et en août.La tendance nationale joue pour le T2. Entre 2019 et 2025, la durée moyenne d'occupation d'un logement loué est passée de 28,3 à 37,6 mois, soit un tiers de plus. Cette stabilisation profite aux typologies de couples, moins aux studios dont le public quitte la ville à la fin des études.
Lille, Arras, Lens : trois demandes locatives différentes
Lillecompte entre 125 000 et 131 000 étudiants selon les sources consultées, ce qui en fait le troisième pôle universitaire français, et la métropole capte plus de 60 % de la demande étudiante régionale. Un studio bien placé y reçoit plusieurs dizaines de candidatures à la rentrée. La contrepartie s'appelle encadrement des loyers, appliqué à Lille depuis mars 2020 avec des loyers de référence révisés chaque 1er avril par arrêté préfectoral.Arras vit sur un autre équilibre : université d'Artois, fonction publique, hôpital, actifs en mutation. La demande de studios y est réelle mais étroite, quand le T2 capte les jeunes couples, les séparations et les mobilités professionnelles. Autour de Lens, de Liévin ou de Carvin, le parc reste majoritairement composé de maisons et la demande de petites surfaces se concentre près des gares.La règle pratique tient en une phrase : le studio se justifie là où une population se renouvelle chaque année, le T2 partout ailleurs. Nos conseillers de l'agence d'Arras mesurent cette différence de profondeur de marché entre une rue proche de la gare et un quartier situé à deux kilomètres.
Meublé ou nu : l'abattement passe de 30 % à 50 %
Le choix du meublé pèse plus lourd que celui de la typologie. En location nue, le micro-foncier applique un abattement de 30 % sur les loyers, dans la limite de 15 000 € de recettes annuelles. En meublé de longue durée, le micro-BIC ouvre un abattement de 50 %, sous un plafond de 77 700 € pour les revenus 2025, relevé à 83 600 € pour les revenus 2026.Le meublé colle mieux au studio étudiant, avec un bail d'un an ou de neuf mois, contre trois ans en location nue. Il impose en contrepartie un mobilier conforme au décret du 31 juillet 2015 et un renouvellement régulier de l'équipement. Le T2 loué nu à un couple d'actifs vous expose à moins de rotation et à moins de matériel à remplacer.Une règle nouvelle change l'arbitrage sur le régime réel enmeublé. Depuis le 15 février 2025, en application de l'article 84 de la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits pendant la détention viennent minorer le prix d'acquisition au moment de la revente. L'économie d'impôt annuelle se paie donc en partie à la sortie.
Ce que la taxe foncière et les charges retirent au rendement
La taxe foncière représente souvent un mois à un mois et demi de loyer dans les Hauts-de-France, et progresse chaque année avec la revalorisation des valeurs locatives cadastrales, ces loyers théoriques calculés par l'administration. Sur un studio loué 330 €, une taxe de 450 € ampute le rendement de 0,75 point. Demandez le dernier avis d'imposition au vendeur avant de signer.Les charges de copropriété non récupérables suivent les tantièmes, mais les postes forfaitaires ne suivent pas : honoraires de syndic par lot, assurance de l'immeuble, entretien de l'ascenseur. Une hypothèse de vacance de deux semaines par an sur le studio et de cinq jours sur le T2 rapproche les deux rendements nets, entre 4 et 4,5 % dans notre exemple. Comparez les loyers réellement pratiqués dans les annonces de location de votre secteur.
À la revente, le studio parle aux investisseurs, le T2 à tout le monde
Un studio se revend presque exclusivement à un autre investisseur, qui négocie avec une calculatrice et une exigence de rendement chiffrée, souvent 6 % minimum en ville moyenne. Son prix dépend donc du niveau des taux de crédit au moment de la vente. Un T2 de 45 m² intéresse à la fois l'investisseur, le primo-accédant et l'acquéreur qui prépare sa retraite.Cette différence de liquidité se lit dans les délais de vente et dans la remise consentie. Le prochain rendez-vous à surveiller concerne l'encadrement des loyers, dont l'expérimentation ouverte par la loi Élan court jusqu'en novembre 2026 : les décisions prises d'ici là, à Lille comme ailleurs, fixeront le loyer plafond de votre studio et donc sa valeur de revente. Nos agences des Hauts-de-France suivent ces arrêtés commune par commune.