16/09/2026
Le ramonage est une obligation, pas une recommandation
Le ramonage des conduits de fumée est obligatoire. Ce n'est pas un conseil d'entretien mais une règle, dont le non-respect expose à une amende et à un refus de prise en charge par l'assureur.Combien de fois par an ?
La règle générale est d'un à deux ramonages par an, selon le combustible et le règlement sanitaire départemental. Pour un appareil au bois (poêle, insert, foyer fermé, cheminée), la pratique courante, et souvent l'exigence des assureurs, est de deux ramonages par an, dont un pendant la période de chauffe. Le bois génère davantage de dépôts que le gaz, et ces dépôts sont le combustible des feux de cheminée. Point important : la fréquence applicable chez vous dépend du règlement sanitaire départemental (RSD) du Nord ou du Pas-de-Calais et des clauses de votre contrat d'assurance, qui peuvent être plus exigeants. Vérifiez-les avant de trancher.Par qui ?
Par un professionnel qualifié. Le ramonage effectué soi-même avec un hérisson ne vaut rien du point de vue de l'assurance, même s'il est bien fait. Le professionnel remet un certificat de ramonage : identité de l'entreprise, date, conduit concerné, attestation que la vacuité a été vérifiée sur toute la longueur. C'est exactement ce que l'assureur réclame après un sinistre. Conservez-le trois ans minimum.Combien ça coûte ?
Comptez généralement entre 60 et 120 euros par intervention, selon la région, le type de conduit et son accessibilité. Un conduit droit en maison de ville se situe dans le bas de la fourchette. Prenez rendez-vous tôt : entre octobre et décembre, les ramoneurs de la région sont saturés.Locataire ou propriétaire : qui paie ?
Le ramonage est considéré comme une charge d'entretien courant. Il incombe donc au locataire, en application du décret n°87-712 relatif aux réparations locatives. Mais la responsabilité ne s'arrête pas là.- Le locataire fait réaliser le ramonage à ses frais, conserve le certificat et le présente au bailleur s'il le demande. Beaucoup de baux prévoient explicitement cette transmission chaque année.
- Le propriétaire reste responsable de la conformité et de l'état du conduit. Un conduit fissuré, non tubé ou mal dimensionné relève de lui : c'est une obligation de délivrance d'un logement décent.
Ce que vous risquez sans certificat
Le scénario se répète chaque hiver. Un feu de cheminée se déclare, les pompiers interviennent, l'expert demande le dernier certificat de ramonage. S'il n'existe pas, l'assureur peut réduire fortement l'indemnisation en invoquant le manquement à une obligation d'entretien prévue au contrat, voire refuser la prise en charge dans les cas les plus nets. L'écart est vertigineux. Un feu de conduit qui gagne la charpente d'une maison en brique, c'est facilement plusieurs dizaines de milliers d'euros de dommages. Face à cela, 80 euros de ramonage et un papier rangé dans un classeur. Et si le feu atteint le logement voisin, votre responsabilité civile est engagée.Les autres obligations de la saison de chauffe
Le ramonage n'est qu'une pièce du dispositif.L'entretien annuel de la chaudière
Il est obligatoire pour les chaudières gaz, fioul et bois dans les plages de puissance concernées. Le professionnel remet une attestation d'entretien, généralement sous quinze jours. Comme pour le ramonage, cet entretien est à la charge du locataire lorsqu'il occupe le logement, sauf contrat souscrit par le bailleur et récupérable en charges.Le détecteur de fumée
Chaque logement doit être équipé d'au moins un détecteur de fumée normalisé (norme EN 14604). Le propriétaire fournit et installe l'appareil ; l'occupant en assure l'entretien et le remplacement des piles pendant toute la durée d'occupation. Testez-le au moment où vous relancez le chauffage : un détecteur dont la pile est morte ne sert à rien.Le monoxyde de carbone
Inodore et incolore, il provoque chaque hiver des intoxications, dont certaines mortelles. Les causes classiques : appareil mal réglé, conduit obstrué, ventilation bouchée. Ne bouchez jamais les grilles d'aération pour lutter contre le froid : un appareil à combustion a besoin d'air pour brûler correctement. Un détecteur coûte de l'ordre de 20 à 50 euros. Il n'est pas obligatoire dans le logement privé, mais c'est probablement le meilleur rapport sécurité/prix de la maison.Bien chauffer au bois : ce qui change tout
Le combustible
Utilisez du bois sec, à moins de 20 % d'humidité. Un bois humide chauffe mal, encrasse le conduit deux à trois fois plus vite et augmente le risque de feu de cheminée. Un bois correctement séché a passé au moins 18 à 24 mois sous abri ventilé, sonne clair quand on frappe deux bûches l'une contre l'autre et présente des fentes en étoile. N'y brûlez jamais de bois traité, peint, verni, ni de palettes ou panneaux de particules.L'appareil
Si vous équipez ou remplacez, privilégiez un appareil labellisé Flamme Verte, qui classe les modèles selon leur rendement et leurs émissions de particules. À confort équivalent, un appareil récent consomme nettement moins de bois qu'un modèle des années 1990. Sachez également que les foyers ouverts, la cheminée traditionnelle sans insert, sont interdits ou restreints dans certaines zones couvertes par un plan de protection de l'atmosphère. Renseignez-vous auprès de votre commune avant de remettre en service une cheminée d'agrément.Le point spécifique aux maisons du Nord et du Pas-de-Calais
Le parc régional pose une question récurrente : celle des anciens conduits maçonnés. Beaucoup de maisons en brique, dans les corons, les faubourgs de Lens, Douai, Béthune ou les quartiers anciens de Cambrai et Arras, disposent de conduits construits pour des poêles à charbon. Larges, en briques jointoyées, parfois dévoyés, ils n'ont plus servi depuis trente ou quarante ans. Les remettre en service pour un insert ou un poêle moderne n'est pas une opération anodine.- Faites vérifier le conduit avant tout raccordement. Un test d'étanchéité et une inspection caméra disent si la maçonnerie tient encore.
- Le tubage est presque toujours nécessaire. Un appareil à haut rendement produit des fumées moins chaudes, qui condensent dans un conduit large et froid. Cette condensation attaque la maçonnerie et migre dans les murs.
- Vérifiez la section, le tirage et les distances de sécurité par rapport aux matériaux combustibles, notamment les planchers bois anciens.
- Comptez un budget réel. Selon la configuration, le tubage se chiffre de quelques centaines à plus de deux mille euros, hors appareil.
La checklist avant le premier feu
- Certificat de ramonage de la saison, ou rendez-vous pris.
- Attestation d'entretien de la chaudière à jour.
- Détecteur de fumée testé, détecteur de monoxyde de carbone en place.
- Grilles d'aération dégagées, bois sec stocké sous abri ventilé.
- Conduit ancien remis en service : inspection et tubage validés par un professionnel.