20/09/2026
Avant la séance : ce que vous devez avoir fait
La convocation vous parvient au moins 21 jours avant la date de l'assemblée. Ce délai n'est pas une politesse, c'est le temps qui vous est donné pour travailler les points inscrits à l'ordre du jour. Trois réflexes utiles :- Lisez les annexes, pas seulement l'ordre du jour. Comptes, budget, devis et contrats sont joints. C'est là que se trouvent les informations.
- Demandez les pièces justificatives. Vous avez le droit de les consulter chez le syndic avant l'AG. Un poste qui bondit de 30 % justifie une demande de factures.
- Passez par le conseil syndical. Poser ses questions en amont évite les débats improvisés à 22 h, où l'on vote par lassitude.
Les six résolutions qui engagent vraiment votre budget
1. L'approbation des comptes : ce n'est pas un quitus
C'est le vote qui passe le plus vite et qui mérite le plus d'attention. Approuver les comptes valide les dépenses de l'exercice écoulé, cela ne donne pas quitus au syndic pour sa gestion : ce sont deux résolutions distinctes. Ce qu'il faut regarder :- Le réalisé face au budget voté, poste par poste. Un écart de 5 % s'explique. Un écart de 40 % sur l'entretien ou le chauffage exige une réponse.
- Les impayés et leur ancienneté. Des impayés qui grossissent chaque année annoncent des appels complémentaires pour ceux qui paient.
- Le compte bancaire séparé, en principe obligatoire. Vérifiez que le solde figure au bilan et qu'il correspond.
- Les charges récupérables et non récupérables si vous êtes bailleur : cela détermine ce que vous refacturez à votre locataire.
2. Le budget prévisionnel : il fixe vos appels de fonds
Ce vote détermine les provisions trimestrielles que vous paierez l'année suivante. Un budget sous-évalué donne l'illusion de charges maîtrisées, puis se solde par une régularisation douloureuse à la fin de l'exercice. Vérifiez que le budget intègre les hausses connues : entretien renégocié, énergie, assurance de l'immeuble, honoraires du syndic. Un budget reconduit à l'identique alors que trois contrats ont augmenté n'est pas prudent, c'est un report de facture.3. Le contrat de syndic : lisez au-delà du forfait
Le renouvellement du syndic ne se juge pas sur le seul montant du forfait annuel. Regardez :- La durée du mandat et sa date de prise d'effet.
- Le forfait de base et ce qu'il couvre exactement.
- La liste des prestations particulières facturées en supplément : états datés, mises en demeure, recouvrement, visites supplémentaires, AG hors horaires ouvrables. C'est là que se creusent les écarts entre deux contrats d'apparence comparable.
- Les honoraires de travaux, exprimés en pourcentage du montant des travaux. Sur un ravalement, quelques points représentent plusieurs milliers d'euros.
4. Les travaux et le plan pluriannuel de travaux
Depuis la loi Climat et Résilience, les copropriétés de plus de 15 ans doivent faire réaliser un projet de plan pluriannuel de travaux (PPT) et un DPE collectif. Le PPT liste les travaux nécessaires sur dix ans et leur estimation : c'est lui qui devrait structurer toutes les décisions. Avant de voter un chantier, vérifiez :- Le nombre de devis. Un seul devis n'est pas une mise en concurrence.
- Le périmètre exact : ce qui est inclus, en option, ou en supplément.
- L'échelonnement et le calendrier des appels de fonds.
- Le financement : fonds de travaux disponible, appels complémentaires, emprunt collectif, aides mobilisables.
- La cohérence avec le PPT. Repeindre les parties communes alors que la toiture est prioritaire est un mauvais arbitrage.
5. La cotisation au fonds de travaux : est-elle suffisante ?
La cotisation à un fonds de travaux est obligatoire. Elle représente un pourcentage minimum du budget prévisionnel, relevé à 5 % par la loi Climat et Résilience pour les copropriétés soumises au PPT. Le piège est de voter le minimum légal par réflexe d'économie. Faites le calcul inverse : si le PPT évalue les travaux à 300 000 € sur dix ans et que le fonds se remplit de 6 000 € par an, l'écart sera comblé par des appels exceptionnels. Mieux vaut une cotisation confortable et lissée qu'un appel de 8 000 € un matin de février. Le fonds de travaux est attaché au lot, pas au copropriétaire : en cas de vente, les sommes versées restent acquises à la copropriété. Un point à faire valoir au moment de fixer votre prix.6. Les autorisations de travaux privatifs affectant les parties communes
Changer ses fenêtres, poser une véranda, installer une climatisation en façade, créer une ouverture, poser une borne de recharge pour véhicule électrique : ces travaux touchent l'aspect extérieur ou les parties communes et nécessitent une autorisation de l'assemblée. Une autorisation rédigée en trois lignes crée des litiges dix ans plus tard. Exigez que la résolution précise :- Les caractéristiques imposées : matériau, couleur, type de menuiserie, dimensions.
- Qui supporte l'entretien, le remplacement futur et l'éventuelle remise en état.
- Le transfert de cette obligation aux propriétaires successifs du lot.