Location dans le Pas-de-Calais : Que peut encore faire un bailleur avec un DPE F ou G ?

location dpe

20/03/2026

En 2026, la règle n’est plus “je loue tant que j’ai un locataire”, mais “je loue tant que mon logement reste décent au sens énergétique”. Dans le privé, deux sujets se télescopent : la décence énergétique (donc la possibilité de louer/relouer) et le gel des loyers (donc la possibilité d’augmenter).

Puis-je relouer en 2026 avec un DPE F ou G dans le Pas-de-Calais ?

Un logement DPE G est-il relouable en 2026 ?

Non, si vous signez un nouveau bail (ou si le bail est renouvelé / reconduit tacitement après la date d’échéance). À partir du 1er janvier 2025, la décence énergétique minimale correspond à la classe F : en clair, un G est un logement non décent dans le cadre de la location “résidence principale” (vide ou meublée). Point souvent oublié : depuis le 1er janvier 2023, les logements à consommation en énergie finale supérieure à 450 kWhEF/m²/an sont déjà considérés comme indécents (cas des “G+” dans la pratique).

Un logement DPE F est-il relouable en 2026 ?

Oui, en 2026 un F reste “décent” sur le critère énergétique (la bascule suivante concerne 2028). En revanche, vous êtes déjà dans le périmètre du gel des loyers (voir plus bas).

Et si mon logement chauffé à l’électricité “remonte” d’étiquette en 2026 ?

C’est une vraie variable 2026 : le calcul du DPE évolue au 1er janvier 2026 avec un coefficient de conversion de l’électricité abaissé de 2,3 à 1,9. L’État indique qu’environ 850 000 logements sortiraient du statut de passoire (F/G) grâce à cette évolution, sans déclassement pour les autres. Très concret pour un bailleur : les DPE réalisés avant 2026 restent valables, mais peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite, via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME (attestation de changement d’étiquette). Avant de lancer des travaux “en urgence”, c’est le premier réflexe si votre logement est chauffé à l’électricité.

Ai-je le droit d’augmenter / réviser le loyer avec un DPE F ou G ?

Le gel des loyers s’applique-t-il en 2026 aux F et G ?

Oui. Depuis le 24 août 2022, la loi interdit toute augmentation de loyer pour les logements du parc privé classés F et G. Et le gel vise large : nouveau bail, renouvellement, révision annuelle IRL, réévaluation d’un loyer sous-évalué.

Puis-je au moins “remettre au prix du marché” entre deux locataires ?

Non, pas si le logement est F ou G : l’augmentation entre deux locataires est explicitement visée par le gel.

Quand est-ce que je récupère une marge sur le loyer ?

Quand vous sortez du périmètre F/G (par travaux validés par un nouveau DPE, ou via la mise à jour 2026 si elle vous fait passer en E ou mieux). Le gel est lié à la classe DPE.

Quels “travaux minimum” pour rester louable (et éviter le mur de 2028) ?

Quel est le minimum vital en 2026 si je suis DPE G ?

Votre objectif immédiat est de passer G → F pour pouvoir relouer légalement. La FAQ du ministère rappelle que pour louer, vous devez rendre le logement décent, ce qui passe par des travaux et un DPE post-travaux. Dans l’ancien du Pas-de-Calais (briques, combles froids, menuiseries âgées), le “socle” qui fait souvent bouger l’étiquette :
  • isolation des combles/toiture (effet rapide sur la conso),
  • ventilation correcte (évite l’humidité quand on isole),
  • réglage / remplacement du chauffage et de l’ECS si très vétustes,
  • traitement des fuites d’air et menuiseries (selon état).

Quel est le minimum si je suis DPE F en 2026 ?

Votre horizon, c’est le 1er janvier 2028 : à cette date, la décence minimale passe à la classe E (donc un F deviendra non décent au renouvellement/reconduction). Stratégiquement, l’objectif n’est pas seulement “E”, c’est aussi de sortir du gel des loyers : si vous atteignez E, vous récupérez une capacité d’évolution du loyer (dans le respect des règles classiques).

Quels ordres de prix pour cadrer un budget “travaux minimum” ?

Pour donner des repères (hors contraintes de chantier), un espace France Rénov’ publie des fourchettes usuelles :
  • combles perdus : 20 à 60 €/m²
  • murs par l’intérieur : 60 à 100 €/m² ; par l’extérieur : 100 à 200 €/m² (voire plus avec bardage)
  • fenêtre (2 vantaux) : 800 à 1 500 €
  • VMC simple flux hygroréglable : 1 000 à 2 500 € en rénovation.
Ces repères servent à arbitrer vite : combles + ventilation + quelques postes ciblés = souvent meilleur “€/classe gagnée” qu’un chantier décoratif.

Quels risques si je reloue (ou maintiens) un logement non décent ?

Que peut obtenir un locataire si le logement est indécent (DPE G en 2026) ?

Le ministère liste les conséquences possibles si vous louez malgré l’indécence : le juge peut imposer des travaux, ordonner une diminution du loyer, voire une suspension de sa perception et une suspension de la durée du bail jusqu’aux travaux.

Le locataire peut-il arrêter de payer de lui-même ?

Non : tant qu’un juge n’a pas reconnu l’indécence et fixé les modalités (travaux/délais/baisse), le locataire reste tenu au paiement du loyer.  Autre point sensible : si le logement n’est pas décent, la CAF/MSA peut enclencher une procédure de conservation des aides qui pénalise le bailleur tant que les travaux ne sont pas réalisés.

Et si les travaux sont bloqués (copropriété, ABF, pathologies du bâti) : existe-t-il une marge de manœuvre ?

Le juge peut-il “ne pas ordonner” certains travaux ?

Oui, dans des cas encadrés. Le décret de 2023 prévoit des situations où le juge ne peut pas ordonner des travaux visant le niveau minimal si vous prouvez l’impossibilité : risque de pathologie du bâti attesté par un homme de l’art, ou refus d’autorisation administrative (patrimoine/urbanisme/environnement).

Que faire dans ces cas en pratique ?

  • documenter : note technique + refus d’autorisation,
  • réaliser tout ce qui reste faisable (combles, ventilation, réglages chauffage, isolation intérieure possible…),
  • garder un dossier “bonne foi” : devis, PV d’AG, demandes d’autorisations.
Ça n’efface pas la contrainte, mais ça change le rapport de force en cas de contestation.

Le plan d’action simple pour un bailleur du 62 en 2026

  1. vérifier si vous êtes G ou F, et si votre bail arrive à échéance (renouvellement/reconduction) ;
  2. si chauffage électrique : tester la mise à jour DPE 2026 gratuite (gain potentiel immédiat) ;
  3. si G : objectif prioritaire G → F pour relouer ; si F : planifier F → E avant 2028 ;
  4. chiffrer un bouquet “efficace” (combles + ventilation + postes ciblés) avec des devis RGE ;
  5. pour les aides locales du Pas-de-Calais, l’ANIL recense des dispositifs par commune/interco (utile en complément de MaPrimeRénov’ / CEE).
En 2026 dans le Pas-de-Calais, la règle est simple : un DPE G vous expose à l’indécence (donc impossibilité de relouer sereinement) et un DPE F reste louable, mais sous gel des loyers et avec l’échéance 2028 en ligne de mire. Le bon réflexe consiste à sécuriser d’abord la classe (mise à jour DPE 2026 si chauffage électrique, puis travaux ciblés), pour conserver un bien louable, éviter les contentieux et retrouver une marge sur le loyer dès que l’étiquette sort du F/G.
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