MaPrimeRénov’ au 1er septembre 2026 : six gestes supprimés, ce qui reste finançable dans le Pas-de-Calais

maprimerenov au 1er septembre 2026 six gestes supprimes ce qui reste financable dans le pas de calais

12/09/2026

Beaucoup de propriétaires du Nord et du Pas-de-Calais avaient prévu de lancer une isolation de combles cet automne, aide à l'appui. Le calendrier a changé. Depuis le 1er septembre 2026, une partie des forfaits "par geste" de MaPrimeRénov' n'existe plus. Ce n'est pas la fin du dispositif, mais un recentrage : l'État finance moins de petits gestes isolés, et davantage de bouquets de travaux cohérents. Pour un parc comme le nôtre, maisons de ville en brique, corons du bassin minier, pavillons des années 60-70, la question est très concrète : que peut-on encore faire financer, et par quoi remplacer le reste ?

Ce qui disparaît du parcours "par geste"

Le parcours par geste est la formule la plus simple de MaPrimeRénov' : un seul travaux, un forfait, sans obligation de gain énergétique global. C'est celle que la plupart des ménages utilisaient. Sortent de ce parcours depuis le 1er septembre 2026 :
  • les équipements de chauffage indépendants au bois ou à la biomasse (poêles, inserts) ;
  • les équipements d'eau chaude sanitaire indépendants au bois ou à la biomasse ;
  • les pompes à chaleur dédiées à l'eau chaude sanitaire ;
  • l'isolation (murs, combles, planchers, menuiseries selon les cas) ;
  • la ventilation ;
  • les chauffe-eau thermodynamiques.
Deux suppressions pèsent particulièrement ici. L'isolation, d'abord : dans une maison en brique pleine sans vide d'air, c'était souvent le premier geste conseillé. La ventilation ensuite, indissociable de toute isolation sérieuse. Le poêle à bois, très présent dans les maisons rurales de l'Artois ou de l'Avesnois, sort lui aussi du forfait par geste.

Ce qui reste finançable en geste isolé

Trois opérations restent éligibles au parcours par geste :
  • la pose d'une pompe à chaleur air-eau ou géothermique ;
  • la dépose d'une cuve à fioul ;
  • le raccordement à un réseau de chaleur.
La logique est lisible : l'État concentre l'aide sur la sortie des énergies fossiles. Dans le Pas-de-Calais, où le fioul reste présent dans les communes rurales non desservies par le gaz, la dépose de cuve couplée à une pompe à chaleur air-eau devient de fait le parcours le plus soutenu. Le raccordement à un réseau de chaleur ne concerne, lui, qu'une partie du territoire : ces réseaux existent surtout en zone urbaine dense. Vérifiez auprès de votre commune si votre rue est dans le périmètre, la réponse est souvent binaire.

Rénovation d'ampleur : le gaz et le fioul deviennent bloquants

Deuxième changement, moins commenté mais plus lourd de conséquences. En maison individuelle, la rénovation d'ampleur, le parcours accompagné, qui vise un gain de plusieurs classes DPE, n'est plus finançable si un système de chauffage ou d'eau chaude au gaz ou au fioul est conservé après travaux. Autrement dit : vous ne pouvez plus isoler massivement en gardant votre chaudière gaz à condensation et espérer l'aide "rénovation d'ampleur". Il faut sortir de l'énergie fossile dans le cadre du projet. C'est un point de bascule pour beaucoup de maisons de la métropole lilloise et des villes moyennes du bassin minier, largement raccordées au gaz de ville. La pompe à chaleur n'est plus seulement une option de confort, elle devient la condition d'accès à l'aide la plus généreuse. À noter : cette règle vise le chauffage et l'eau chaude. Une gazinière ne pose pas de problème.

Une bonification jusqu'au 31 décembre 2026, et un régime préservé pour les anciens dossiers

Deux points de calendrier à retenir. D'abord, une bonification temporaire s'applique aux opérations engagées entre le 1er septembre et le 31 décembre 2026. Elle peut compenser une partie de la perte des forfaits supprimés, à condition d'entrer dans les cases restantes. Si votre projet est mûr, devis signés, entreprise RGE identifiée, l'engager avant la fin de l'année a un intérêt financier direct. Attention au mot "engagée" : c'est la date de dépôt et d'engagement du dossier qui compte, pas la date de fin de chantier. Ensuite, ces règles ne s'appliquent qu'aux dossiers déposés à partir du 1er septembre 2026. Un dossier déposé en juin ou en août reste régi par l'ancien régime. Si vous avez une demande en cours d'instruction, ne la retirez pas pour la redéposer "au propre" : vous perdriez le bénéfice de l'ancien barème.

Les aides qui prennent le relais

La disparition d'un forfait ne veut pas dire que les travaux ne sont plus aidés du tout. Plusieurs dispositifs restent mobilisables, et ils se cumulent souvent entre eux.

Les CEE

Les certificats d'économies d'énergie sont versés par les fournisseurs d'énergie, pas par l'État. Ils continuent de financer l'isolation, la ventilation, les équipements bois. Les montants varient selon les opérateurs et selon vos revenus : il faut demander plusieurs propositions, les écarts sont réels. Le réflexe : signer le dossier CEE avant le devis, sinon la prime est perdue.

L'éco-PTZ et la TVA à 5,5 %

L'éco-PTZ est un prêt à taux zéro dédié à la rénovation énergétique, sans condition de ressources. Quand les taux immobiliers tournent autour de 3,54 % sur 20 ans, comme en septembre 2026, un financement à 0 % pèse lourd. Il se cumule avec MaPrimeRénov' et les CEE. La TVA à 5,5 % s'applique aux travaux d'amélioration énergétique dans les logements de plus de deux ans, main-d'œuvre comprise. Sur un chantier de 25 000 euros, l'écart avec le taux de 20 % représente plusieurs milliers d'euros.

Les aides locales et l'accompagnement

C'est le gisement le plus sous-utilisé. Selon votre commune, vous pouvez cumuler des aides du département (Nord ou Pas-de-Calais), de votre intercommunalité, et les dispositifs régionaux des Hauts-de-France dont le Pass Rénovation, pensé pour le parc ancien de la région. Une même maison à Lens et à Villeneuve-d'Ascq n'ouvre pas les mêmes droits. Enfin, Mon Accompagnateur Rénov' est obligatoire pour la rénovation d'ampleur et utile partout ailleurs : audit, hiérarchisation des travaux, montage des dossiers. Le coût de cet accompagnement est lui-même partiellement pris en charge.

Que faire concrètement cet automne

Si votre projet portait sur l'isolation ou la ventilation seules, l'équation a changé. Trois options réalistes :
  1. Basculer sur les CEE, l'éco-PTZ et la TVA 5,5 % en conservant le geste isolé, avec un reste à charge plus élevé mais un chantier qui se fait.
  2. Élargir le projet vers une rénovation d'ampleur, en intégrant la sortie du gaz ou du fioul, pour viser le parcours accompagné et la bonification de fin d'année.
  3. Attendre, en gardant en tête que rien n'indique aujourd'hui un retour aux anciens forfaits.
Dans tous les cas, un audit énergétique avant de trancher évite de financer un geste qui ne fera pas gagner de classe DPE. Et le calendrier avance : les logements F seront interdits à la location à partir de 2028, les E à partir de 2034. Pour un bailleur du Pas-de-Calais, la rénovation n'est plus un arbitrage de confort, c'est une échéance. Ces choix dépendent aussi de la valeur de votre bien et de ce que les travaux lui apporteront sur le marché local. Si vous hésitez entre rénover, vendre en l'état ou vendre après travaux, l'équipe de Pulp Immobilier peut vous donner une estimation et un avis chiffré sur chaque scénario.
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