07/10/2026
Existe-t-il une température minimale légale dans un logement loué ?
Non, il n'existe pas de seuil unique. Les 19 °C sont un plafond : l'article R241-26 du Code de l'énergie limite à 19 °C la moyenne des températures des pièces d'un logement chauffé. Selon service-public.fr, deux repères existent :- si le permis de construire a été déposé après le 1er juin 2001, l'installation doit pouvoir maintenir au moins 18 °C au centre de chaque pièce (articles R171-11 et R171-12 du Code de la construction et de l'habitation) ;
- dans un logement plus ancien, le locataire doit pouvoir « se chauffer normalement », notion que la loi ne définit pas et que le juge apprécie au cas par cas.
Qui décide de la date d'allumage du chauffage collectif ?
Aucun texte national ne fixe cette date : tout dépend des règles de l'immeuble. Le « 15 octobre » souvent évoqué relève de l'usage, pas de la loi. La date ou les conditions de mise en route figurent dans le règlement de copropriété, le contrat d'exploitation signé avec l'entreprise de chauffage ou une décision d'assemblée générale. Le syndic les applique et peut, si le contrat le permet, avancer le démarrage. Dans le logement social, le bailleur fixe ses propres règles. En copropriété, le locataire n'a pas de lien direct avec le syndic : il s'adresse à son propriétaire, qui relaie la demande. Le cas est courant dans les immeubles des années 1960 et 1970 de Lille, Villeneuve-d'Ascq ou Lens, souvent dotés d'une chaufferie commune. Peu isolés, ils supportent mal l'humidité des automnes du Nord : condensation, odeur de moisi, linge qui ne sèche pas.Retard, panne ou installation insuffisante : ce que le bailleur vous doit
Le bailleur doit fournir un logement décent et des équipements en bon état de fonctionnement, puis les entretenir (article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et article 1719 du Code civil). Le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 exige une installation permettant un chauffage normal, adaptée aux caractéristiques du logement. Hormis le délai de deux mois fixé par la loi, les délais du tableau sont des repères de bon sens, que le juge apprécie au cas par cas.| Situation | Délai raisonnable (repère) | Recours |
| Chauffage pas encore allumé malgré le froid | Quelques jours après votre demande écrite | Demande au bailleur, qui saisit le syndic, puis lettre recommandée |
| Panne de la chaufferie ou de radiateurs | Quelques jours, pas plusieurs semaines | Mise en demeure, chauffage d’appoint, indemnisation |
| Installation insuffisante (pièces jamais chaude) | Deux mois sans réponse à une demande de mise en conformité (article 20-1 de la loi de 1989) | Conciliation, CAF, juge : travaux, baisse du loyer, dommages-intérêts |
Quelles preuves réunir et quelles démarches engager ?
Commission et juge décident sur pièces. Rassemblez dès le début :- des relevés de température datés, pris au centre des pièces, matin et soir (photo du thermomètre avec l'heure) ;
- des photos des radiateurs, de la condensation ou des moisissures ;
- vos échanges écrits (courriels, SMS, avis affichés dans le hall) et les attestations de voisins ;
- les factures d'électricité liées à un chauffage d'appoint.
- Signalez le problème par écrit au bailleur ou à son agence.
- Sans réaction, mettez-le en demeure par lettre recommandée avec avis de réception (l'ANIL en propose un modèle).
- Faites-vous conseiller gratuitement par l'ADIL du Nord et du Pas-de-Calais.
- Après deux mois sans réponse, saisissez la commission départementale de conciliation, gratuite et facultative.
- Signalez le logement : service communal d'hygiène et de santé là où il existe, comme à Lille ; guichet de l'habitat dégradé de l'ADIL et de l'ARS dans le Nord ; plateforme Signal Logement dans le Pas-de-Calais.
- Saisissez le juge des contentieux de la protection : il peut ordonner les travaux, réduire ou suspendre le loyer et accorder des dommages-intérêts.