CDD, intérim, indépendant : peut-on obtenir un crédit immobilier en 2026 ?

Trois ans de missions d’intérim enchaînées, des revenus réguliers, et pourtant la crainte d’un refus dès le premier rendez-vous en banque. Rien n’interdit d’emprunter sans CDI : les règles fixées par le Haut Conseil de stabilité financière, l’autorité qui fixe les conditions d’octroi des crédits immobiliers, s’appliquent de la même façon à tous les emprunteurs, et ses propres consignes demandent de compter les revenus tirés d’un CDD. La différence se joue ailleurs : vous devez prouver que vos revenus sont stables dans la durée. Voici les règles communes, ce que les banques examinent selon votre statut, un exemple chiffré à Lens et les leviers qui renforcent un dossier.
Les règles du crédit sont les mêmes pour tous les statuts
Le contrat de travail ne figure pas parmi les critères obligatoires. Depuis le 1er janvier 2022, deux limites s'imposent aux banques pour tous les emprunteurs : 35 % de taux d'effort et 25 ans de durée au maximum.
Le taux d'effort, aussi appelé taux d'endettement, rapporte l'ensemble de vos mensualités de crédit, assurance emprunteur comprise, à vos revenus. La durée de 25 ans peut être portée à 27 ans pour un logement neuf ou un achat dans l'ancien avec des travaux représentant au moins 10 % du coût total, grâce à un différé de remboursement. Les banques peuvent aussi déroger à ces deux limites pour 20 % de leurs nouveaux crédits immobiliers chaque trimestre, dont au moins 70 % réservés à l'achat d'une résidence principale.
Dans sa foire aux questions, le Haut Conseil précise que le revenu retenu est le revenu net avant impôt et que les revenus issus d'un contrat à durée déterminée sont à prendre en compte. Seuls les revenus exceptionnels, qui ne constituent pas une ressource stable et récurrente, sont écartés. Selon son communiqué du 9 juin 2026, le taux d'effort moyen des emprunteurs était de 30,6 % en mars 2026, et les crédits accordés au-delà des deux limites représentaient 17,5 % de la production au premier trimestre 2026, pour 20 % autorisés.
Ce que la banque examine quand vous n'êtes pas en CDI
Aucune banque n'est tenue de vous prêter : elle doit évaluer votre solvabilité, et c'est là que votre statut pèse. Selon service-public.gouv.fr, elle prend en compte vos revenus, votre épargne, vos dépenses et vos dettes, et consulte le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, géré par la Banque de France.
Les exigences sur l'ancienneté ou le nombre d'années de revenus relèvent de la politique interne de chaque établissement, pas de la loi. La fameuse règle des « trois bilans » pour les indépendants est une pratique répandue, pas une obligation légale, et le nombre d'exercices demandés varie d'un établissement à l'autre. Les attentes décrites ci-dessous sont donc à vérifier auprès de chaque banque.
CDD et contractuels de la fonction publique
En CDD, la banque examine en général la continuité de vos contrats et votre secteur. Un contractuel de la fonction publique renouvelé depuis plusieurs années présente un profil lisible. Conservez vos contrats successifs pour le prouver.
Intérimaires et saisonniers
En intérim comme en emploi saisonnier, vos revenus varient d'un mois à l'autre. Une banque prudente raisonne alors sur une moyenne, souvent à partir des avis d'imposition, plutôt que sur votre meilleur mois. Des missions régulières chez les mêmes agences ou un même métier renforcent le dossier.
Indépendants et micro-entrepreneurs
Pour un artisan, un commerçant, une profession libérale ou un micro-entrepreneur, la banque s'appuie sur les bilans ou les chiffres d'affaires déclarés, puis sur le revenu imposable. Une activité récente ou en baisse pèse davantage qu'un statut.
Exemple chiffré : un intérimaire qui achète à Lens
Prenons l'exemple d'un intérimaire de 32 ans, seul, en missions continues depuis trois ans. Ses revenus nets avant impôt ont été de 21 600 € en 2023, 23 400 € en 2024 et 25 200 € en 2025. Sa banque retient la moyenne, soit 23 400 € par an ou 1 950 € par mois. À 35 %, sa mensualité ne peut pas dépasser 682,50 €, assurance comprise.
Nous retenons un taux de 3,30 %, le taux moyen des crédits à l'habitat en juillet 2026 selon la Banque de France, et une assurance hypothétique de 0,30 % par an du capital emprunté.
| Durée | Capital empruntable | Mensualité hors assurance | Assurance | Intérêts sur la durée |
| 20 ans | environ 114 800 € | 653,81 € | 28,69 € | 42 158 € |
| 25 ans | environ 132 500 € | 649,37 € | 33,13 € | 62 276 € |
Selon les données DVF, le prix médian d'une maison à Lens était de 125 020 € en 2025, sur 173 ventes d'un seul logement. Sur 25 ans, ce dossier couvre un prix de cet ordre, à condition d'apporter de quoi payer les frais de notaire et de garantie. La décision dépendra alors de la régularité des missions aux yeux de la banque.
Les leviers qui renforcent un dossier atypique
Plusieurs leviers compensent un statut jugé moins stable. Les plus efficaces réduisent le montant emprunté ou ajoutent des revenus solides :
- un co-emprunteur, dont les revenus s'ajoutent au calcul du taux d'effort ;
- un apport, qui couvre au minimum les frais et montre votre capacité à épargner ;
- des comptes bien tenus sur plusieurs mois, sans découvert répété ;
- le prêt à taux zéro, accordé sous plafond de ressources, qui doit compléter au moins un autre prêt et ne finance l'ancien qu'en zone B2 ou C avec des travaux d'au moins 25 % du coût total ;
- le prêt accession d'Action Logement, jusqu'à 30 000 € à 1 %, réservé aux salariés d'entreprises privées non agricoles d'au moins 10 salariés, sous plafond de ressources, pour un logement neuf, une construction ou un ancien logement HLM.
Côté assurance emprunteur, la suppression du questionnaire de santé vaut quel que soit votre contrat de travail : depuis la loi du 28 février 2022, aucun questionnaire n'est demandé si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant vos 60 ans. La banque ne peut pas non plus vous imposer son propre assureur.
Montrer la régularité plutôt que le statut
En 2026, un CDD, une carrière en intérim ou une activité indépendante n'empêchent pas d'emprunter : les plafonds de 35 % d'endettement et de 25 ans s'appliquent à tous, et les revenus d'un CDD comptent. Ce qui fait la différence, c'est la preuve que vos revenus durent. Rassemblez vos avis d'imposition, vos contrats ou vos bilans des dernières années, calculez votre mensualité maximale sur vos revenus moyens et constituez un apport pour les frais. Vérifiez aussi vos droits au prêt à taux zéro et aux aides d'Action Logement. Les conseillers Pulp Immobilier peuvent vous aider à préparer votre achat et à cibler des biens adaptés à votre budget dans le Nord et le Pas-de-Calais.